Archives de catégorie : Actu

I Am A Man

 

En ce moment à voir au Pavillon populaire de Montpellier et jusqu’au  6 janvier l’exposition « I Am A Man.

Photographies et luttes pour les droits civiques dans le Sud des États-Unis, 1960- 1970 ».

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Cette exposition propose un large éventail de photographies d’amateurs, de photojournalistes régionaux ou de photographes de renommée internationale. Ensemble, ils offrent un récit visuel saisissant de la manière avec laquelle le Mouvement des droits civiques a évolué dans le Sud des États-Unis pendant la décennie 1960-1970, traversant des périodes dramatiques et violentes. Leurs images éclairent par ailleurs l’intégration du mouvement dans la vie quotidienne du Sud.

De nombreux événements clés ont été immortalisés : l’admission de James Meredith à l’Université du Mississippi, les rassemblements du Ku Klux Klan en Caroline du Nord, la marche pour Selma en Alabama, la grève des éboueurs de Memphis, les funérailles de Martin Luther King, la « Poor People’s March » (marche des pauvres vers Washington) et le «Mule Train » (manifestation sous forme d’un convoi de chariots, de Marks, dans le Mississippi, jusqu’à Washington)…
De nombreuses photographies présentées dans cette exposition sont totalement inédites. Prises il y a cinquante ans, elles s’avèrent toujours aussi pertinentes ; elles nous rappellent les sacrifices courageux consentis pour garantir les droits civiques des Noirs Américains.

Rédacteur: P. Devit

https://contemporaneitesdelart.fr/exposition-i-am-a-man-pavillon-populaire-montpellier/

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Visa pour l’Image – Perpignan 2018

 

Une fois n’est pas coutume, l’association Image In & Vous s’est rendue à Perpignan pour un rendez-vous annuel avec le photojournalisme. Les années passant, les stratégies s’affinent. Le samedi a été consacré essentiellement au Off. Mais pour alléger notre lendemain, qui s’annonçait intense, un peu de In s’entremêle.

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Pour cette nouvelle édition, les couleurs, la composition des photographies, vues dans les vitrines, retiennent notre attention. Notre passage à l’Eglise des Dominicains et à l’Hôtel de Pam donne un avant-goût de ce que nous verrons le lendemain. Ce qui surprend agréablement, c’est la diversité des sujets (L’anniversaire des trente ans de l’évènement n’y est pas étranger !). Si, l’an passé, il nous était donné de voir et lire un photojournalisme essentiellement de guerre ou sur les migrants, cette année, nous avons un reportage sur la crise politique et électorale au Kenya, puis en République Démocratique du Congo. Plus loin, c’est un ensemble de photographies sur la crise écologique du Bangladesh, ou, la fuite poignante des Rohingyas. Pour finir, sont présentés les grands drames dans la vie de la planète et de l’environnement avec pour titres Perdus par nos humanités – Regard sur une planète contaminée de Samuel Bollendorff).

Le lendemain, le Couvent des Minimes, l’Atelier de l’Urbanisme confirment cette diversité. Cependant, au fur et à mesure des reportages, une thématique émerge et interroge durement : les impacts de l’Homme sur la nature, avec les Mines de Potosi, en Bolivie. Les images reflètent la dureté de la vie des mineurs, leur philosophie pour mieux vivre cet enfer et leurs croyances. Elles reflètent également la pollution avec ses effets, les dégâts causés par l’exploitation des mines (poussière de silice, gaz toxiques, arsenic …), le risque d’un effondrement de la montagne. Ensuite, le reportage « Big food » de George Steinmetz est saisissant et particulièrement dérangeant. Les images sont « belles », alors même qu’elles nous offrent un témoignage du réchauffement climatique, de la disparition progressive des forêts primaires et de l’épuisement des ressources, causés par la perversité de l’agriculture ou de la pêche industrielle. Enfin, à ces images choc, un reportage sur les effets de la densité démographique sur l’environnement fait écho avec « Un petit coin : défécation en plein air » de Andrea Bruce. Un sujet a priori amusant (du moins est-il traité avec humour surtout au commencement !) mais a posteriori horrifiant (mortalité de 1,4 millions d’enfants, liée aux problèmes d’hygiène et de santé).

 

Rédactrice Isabelle M.

 

Perpignan 12

Perpignan  12
Image 1 parmi 8

https://www.visapourlimage.com/

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Stage Lumière de cinéma

Stage Lumière de cinema 2018

Nous voilà le samedi 7 avril, jour de notre stage « Lumière de cinéma ».

Avec sa gentillesse habituelle Pierre Anthony Allard, que nous ne présentons plus… nous a rejoint avec la faconde et la gentillesse qui le caractérisent.

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Les 10 stagiaires et 4 encadrants étions présents dès 8h30 pour le petit déjeuner habituel et la prise de contact, impatients de passer à l’action, nous nous sommes vite installés pour assister à cette formation.

Un rapide tour de table pour se présenter et Pierre Anthony commence sa séance. Bien vite nous comprenons que ce passionné de cinéma, autodidacte de l’image, n’a qu’une envie, nous transmettre ses expériences pour nous donner le moyen de construire l’image parfaite dont nous rêvons tous.

Les anecdotes de prises de vues, des plus grands hommes politiques, aux stars du cinéma lors de son passage dans les célèbres studios Harcourt, nous démontrent combien la relation avec le modèle est importante.

La pause méridienne est le moment où chacun peut échanger sur ses expériences photographiques et la passion qui nous lie tous.

Vient le moment de passer à la phase opérative, mise en place des lumières, réglages… à tour de rôle les stagiaires sont exposés à la lumière de la scène et s’initie à la prise de vue, à la direction de modèles.

Chacun ayant sélectionné ses clichés, Pierre Anthony décompose l’image, explique simplement avec l’œil du grand professionnel les progrès restants à faire et les bons résultats de tous.

Tout le monde a découvert une technique, un homme d’une grande qualité humaine nous expliquant qu’il faut rester humble en photographie.

Les diplômes de fin de stage sont remis durant l’apéritif dînatoire offert par l’association.

Merci à tous les participants, aux studios PM, à tous les bénévoles ayant participé à la réussite de cet évènement et à bientôt.

« En art comme en amour, l’instinct suffit »

Anatole France

Rédacteur Patrick DEVIT

https://www.polkamagazine.com/pierre-anthony-allard-du-studio-harcourt-au-theatre-saint-georges/

Festival International du Photojournalisme

Visa pour l’image du 2 au 17 septembre 2017

Comme chaque année, l’association prend ses bagages et part pour Perpignan au Festival international du Photojournalisme. Les habitudes sont bien ancrées mais le choc visuel est, lui, toujours saisissant et surprenant.

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Un peu de Off, beaucoup de In, les images et photographies défilent. De nouveaux lieux sont découverts (l’Atelier de l’urbanisme, le Palais des Congrès ou le théâtre de l’Archipel). Les conflits armés, la guerre contre la drogue, les violences urbaines et les défis climatiques défilent devant nos yeux. Les impressions sont partagées, parfois disputées mais un accord unanime : cette année, les photojournalistes ont beaucoup traité du conflit de Mossoul. Jean-François Leroy le souligne dans son éditorial. C’est l’occasion pour lui de s’interroger sur le fait de la possibilité de trop couvrir un conflit et de rappeler que de bons sujets photographiques peuvent être à proximité.

Comme sujets « proches », ayant retenu mon attention, il y a celui du devenir des veuves dans certaines parties du monde (Afrique, Inde etc) au Palais des Congrès. La qualité des photographies, la palette de couleurs déployée et le reportage en lui-même ont ému. La vie nomade des berbères au Maroc montrent un peuple fier et résistant aux dures conditions de vie. La série d’images en noir et blanc accentue cette dureté, leur dénuement mais ne leur enlève pas leur sourire. Cette fierté et cette résistance se retrouvent auprès des peuples indiens, qui se sont opposés au projet d’oléoduc Dakota Access Pipeline aux Etats-Unis.

Devant de tels sujets et de telles images, il est difficile de reprendre le cours de son quotidien. Cela fait pourtant partie de l’intérêt de cette manifestation. Elle nous remet dans notre vie à grands coups de pied, sans ménagement.

IsabelleM.

Nous avions également le plaisir d’accueillir,

Séverine Davignon Responsable du circuit  document chez Carré d’Art Bibliothèques

elle nous fait part de  son ressenti pour une première à Perpignan

– Daniel Berehulak, « Ils nous abattent comme des animaux »: un reportage « coup de poing » sur les méthodes policières employées par les autorités philippines dans leur lutte contre les consommateurs et trafiquants de drogue… Des images qui forcent la réflexion lorsque, pour un gouvernement, « la fin justifie les moyens » et tombe dans l’iniquité… Un traitement visuel aux couleurs saturées qui fait ressortir le côté surréaliste de la violence aléatoire, justifiée et théâtralisée politiquement… Daniel Berehulak s’est vu décerner à juste titre le prix Visa d’Or Magazine.

Renée C. Byer, « La vie aux États-Unis pour les réfugiés afghans » : le quotidien des familles afghanes immigrées aux États-Unis suite à la reconnaissance par cet État du rôle qu’ils ont joué auprès de l’armée américaine pendant la guerre contre les talibans. Un constat amer pour ces hommes et femmes quasi livrés à eux-mêmes et qui doivent affronter la xénophobie, les brimades, des conditions de vie insalubres et l’absence d’équivalence de leurs diplômes, les contraignant à une survie sans perspective. Un point de vue factuel qui n’en laisse pas pour autant le spectateur insensible…

Lu Gang, « Développement et pollution » : une descente aux enfers en Chine, causée par l’hyper pollution et la surexploitation des ressources naturelles depuis le boom économique, au détriment de la santé des agriculteurs, des mineurs et des populations vivant à proximité des sites de production. Un regard exempt de pathos mais qui interpelle durablement.

Darcy Padilla, « Dreamers »: Une radiographie sans misérabilisme mais crue de la situation actuelle de la communauté amérindienne Lakota dans l’Ouest américain, ravagée par l’alcoolisme, les métamphétamines, le chômage et l’acculturation. Loin du mythe des grands chefs sioux rebelles Sitting Bull et Red Cloud, le déracinement identitaire et la résignation y sont montrés sans fard… Une immersion dans un monde en perdition qui remet profondément en question le « rêve américain ».

Laurent van der Stockt, « La bataille de Mossoul » : avec une distance émotionnelle juste, Laurent van der Stockt, lauréat du prix Visa d’Or Paris-Match News largement mérité pour ce reportage, donne à voir l’apocalyptique sort des civils irakiens pris en étau entre les tirs des combattants de l’État islamique en déroute et ceux de l’armée irakienne venue reprendre le territoire conquis par les djihadistes. Les portraits des soldats, vivants ou morts, des deux camps sont également traités avec brio. Une réalité brute, qui dit toute la souffrance d’un peuple exsangue et le calvaire sisyphéen de l’armée irakienne pour permettre à ce pays de recouvrer sa souveraineté.

Et encore :

– l’indispensable et dérangeante enquête de Stephen Dock pour « La traite des êtres humains, le fardeau du Népal », 

– le magnifique hommage d’Amy Toensing aux veuves indiennes, ougandaises et bosniaques, aux statuts socialement dénigrés et juridiquement inexistants,

– le poignant combat des enfants de disparu(e)s péruvien(ne)s pendant les années 1980-2000 pour obtenir non seulement la reconnaissance juridique des meurtres perpétrés, mais les corps de leurs proches, afin de les ensevelir selon leurs coutumes traditionnelles,

– la rétrospective consacrée à un « grand » photoreporter, Stanley Greene, décédé cette année et qui avait notamment couvert la guerre en Tchétchénie dans les années 1990-2000. »

Rédactrice: Séverine Davignon

Pour aller plus loin, les prix attribués aux photographes de l’édition 2017 :

https://phototrend.fr/2017/09/gagnants-prix-visa-pour-limage-2017/

Pour infos:

http://www.visapourlimage.com/

 

Expo au pavillon Populaire

Pour ceux qui ne l’ont pas encore vue, durant la pause estivale je vous invite à aller voir ou revoir la très belle rétrospective des photos de William GEDNEY au pavillon populaire

(visible jusqu’au 17 septembre 2017)

WILLIAM GEDNEY

Only the lonely 1955-1984

Rétrospective d’un photographe solitaire, observateur de son temps

« Je ne me considère pas comme un photographe de « problèmes sociaux », ce qui m’intéresse avant tout est de faire de bonnes photographies. Mélanges sans recadrage de forme, de valeur et de contenu. Je préfère les actions ordinaires, les gestes intimes, les images dont la forme est une réponse instinctive à la matière. »

William Gedney

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Une inspiration tirée de la rue, de la nuit et de l’adolescence

Autodidacte, persuadé que la photographie constituait un moyen d’expression aussi efficace que la littérature et accompagnant d’ailleurs son oeuvre de multiples écrits, journaux, critiques, aphorismes, etc.

Gedney constitue l’exemple d’un magnifique photographe de rue, aussi bien porté vers les sujets ruraux – son travail sur le Kentucky, à la fin des années 1950, est exemplaire – qu’urbains : New York, où il vit le plus souvent, offre un champ d’action unique, comme à beaucoup de photographes de sa génération.

Tenté par la photographie de nuit (bien avant Robert Adams), s’attachant à la sensualité diffuse qu’il trouve dans ses sujets adolescents, Gedney se construit un style à mille lieux de tout effet spectaculaire, souvent marqué par son rapport intime au monde, et que dirige de plus en plus son homosexualité cachée qui ne se révèlera qu’à sa mort : il fut l’une des premières victimes du SIDA. Gedney instaure une oeuvre photographique dont l’influence souterraine se fait de plus en plus sentir après sa mort.

Son travail dans le Kentucky, ses photographies prises en Inde, ses reportages des parades gays dans les années 1980, constituent avec sa documentation sur les mouvements hippies de San Francisco à la fin des années 1960, la partie la plus riche de son oeuvre. Gedney instaure une oeuvre photographique dont l’influence souterraine se fait de plus en plus sentir après sa mort.

 

Quelques thèmes signant l’œuvre :

Le contact des gens ordinaires :

Dès ses premières séries photographiques, Gedney s’attache de près à témoigner des difficultés des gens ordinaires, ordinaires donc importants; cela donne à son œuvre une profondeur humaine empathique très forte.

La jeunesse et la sensualité :

Souvent les corps de jeunes hommes, d’adolescents peuplent le monde de Gedney, attirent le regard. Ils apparaissent tels des corps dont l’existence est double : absorbés par un décor inchangé au cours des ans, celui du délabrement architectural et environnemental.

Homosexualité et parades :

L’histoire des mouvements pour la reconnaissance des droits des homosexuels au Etats-Unis s’organise dès 1969 lorsque la police organise une descente brutale dans un bar gay de New York, le « Stonewall Inn »

William Gedney lui-même homosexuel photographie les « gay parades » dans un style beaucoup plus direct, plus explicite que celui de ses habituelles images. Il rend compte, sans détours, et de façon engagée, de cette nouvelle liberté sexuelle revendicative qui, à l’époque, paraît provocante.

Le temps qui passe au Kentucky :

La plus emblématique série de William Gedney réalisée durant les deux séjours qu’il effectua dans la région minière de Leatherwood ; Conformément à sa théorie d’immersion photographique, il fait la rencontre en 1964 de Willie et Vivian Cornet et leur 12 enfants, il réside durant deux semaines dans cette famille touchée durement par le chômage dans cette région subissant une grave crise économique. Il y retournera en 1972. Dans ses clichés, l’individu acquiert une importance considérable au sein de sa pratique photographique.

L’inde :

Il réalise son premier séjour en Inde à partir de novembre 1969. Il y séjourne 14 mois, installé principalement à Bénarès, fasciné par la vieille ville et ses traditions ancestrales. Gedney  se familiarise de près avec la culture hindoue, ses traditions, sa philosophie, vivant en pleine immersion avec les habitants.

Son style photographique devient alors plus fluide, plus « métaphysique », s’attachant aux scènes nocturnes. Ses images sont d’une proximité étonnante avec leurs sujets.

En 1979, Gedney retourne en Inde, cette fois en s’attachant à la ville de Calcutta, dont il saisit les contradictions nées d’une modernité en conflit avec le mysticisme et le sacré d’une civilisation menacée de disparition. Le 20 mars 1970, dans son journal, Gedney entérine ce changement : « Désormais, l’Inde n’est plus que la coquille fantôme de son passé… et l’argent, le nouveau Dieu ».

Rédacteur Patrick DEVIT

 

 

La Dernière séance (Bert Stern)

En 1962, Bert Stern est un photographe reconnu pour la qualité de ses portraits; c’est un chasseur d’icônes qui croque les stars les unes après les autres.

Dans l’avion qui le ramène de Rome où il vient de photographier Liz Taylor sur le tournage de Cléopatre, il caresse un rêve, celui de photographier Marylin Monroe.

Dès son retour à New York, il propose à Vogue un reportage photos sur Marylin Monroe. La rédaction du magazine accepte cette idée avec enthousiasme.

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Les évènements s’enchaînent rapidement, Marylin accepte de poser pour lui.

Bert Stern peut réaliser son rêve.

Plutôt que de la photographier en studio, il préfère s’installer dans une suite de l’hôtel Bel-Air à Los Angeles. L’éclairage est minimal, il attend Marylin avec inquiétude.

Viendra? Viendra pas?

Marylin est connue pour ses sautes d’humeur et ses caprices; elle est devenue très fantasque.

Elle vient seule, elle n’a que cinq heures de retard. La séance peut alors commencer.

Marylin accepte de poser nue, le corps sans maquillage. Un rapport puissant, presque amoureux, s’installe entre le modèle et le photographe.

Il la photographie douze heures sans s’arrêter. Le résultat est exceptionnel, mais trop dénudé pour Vogue qui propose à Bert Stern de la rephotographier mais cette fois maquillée et plus habillée.

Marylin accepte de poser une nouvelle fois pour Bert Stern.

Elle meurt un jour avant la sortie de son reportage dans Vogue

La Dernière séance est composée de 2571 photos. Bert Stern choisit de n’en présenter qu’un petit nombre. Chaque exposition génère une nouvelle sélection de photos.

En 1982, Bert Stern n’en retient que 59 pour un musée américain. Ces photos seront par la suite mises en vente chez Sotheby’s et deviennent la propriété de Léon Constantiner, un collectionneur new-yorkais.

Cette sélection remarquable est certainement le regard de l’artiste le plus intéressant sur son travail

Les rencontres Photographiques en Arles

Les rencontres de la photographie d’ARLES

Du 3 juillet au 24 Septembre 2017, Arles accueille les amateurs de photographie pour une nouvelle édition des « Rencontres », une occasion que nous n’avons pas ratée de faire connaissance avec l’oeuvre de nombreux photographes.

Quelques irréductibles ont donc fait le déplacement, le samedi 15 juillet, et déambulé dans la chaleur estivale, légèrement atténuée par un mistral décoiffant !

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Le Palais de l’Archevêché expose la première rétrospective européenne de MASAHISA FUKASE , photographe japonais présenté comme l’un des plus influents, et surnommé « l’incurable égoïste ».

Il est mort en 2012 après être resté pendant vingt ans dans le coma à la suite d’un accident.  Son travail sur les corbeaux en 1986  décrivait la solitude  qu’il a ressentie après son divorce. L’exposition révèle le travail d’introspection qu’il a mené toute sa vie à travers des autoportraits transpercés de punaises, des mises en scènes de sa famille en studio, en s’immergeant un mois dans une baignoire ou en photographiant son chat Sasuke comme un double de lui-même.

Le magnifique Cloître St Trophime accueille deux photographes :

  • Dune VARELA , jeune photographe française, dit « Ce qui a traversé mes recherches, c’est la pensée de la disparition… ». Elle effectue un travail sur des supports différents, du verre, de la céramique ou du plâtre, mais elle les détruit partiellement à la chevrotine. Le résultat nous a un peu laissés perplexes (!).
  • Nous avons plus apprécié le travail de Niels ACKERMANN et Sébastien GOBERT, « Looking for Lénine », sur les statues déboulonnées de Lénine. Véritable témoignage sur la « décommunisation » en Ukraine, avec des photos souvent pleines d’humour, accompagnées des confidences de certains habitants, parfois nostalgiques ou désemparés.

IRAN ANNEE 38

L’Eglise Sainte Anne, rassemble 66 photographes Iraniens, dont les photographies retracent 38 ans de Révolution islamique. 66 visions différentes, poétiques, documentaires, intimes, qui témoignent de cette époque, alors que les photographes occidentaux  ne pouvaient pas rester en Iran. Abbas Kowsari a pris des clichés poignants d’Iraniens revenus sur des zones de combat où des proches avaient perdu la vie (« L’ombre de la terre »). Gohar Dashti met en scène des couples dans des voitures détruites. Cette exposition est l’une des plus émouvantes de la journée.

PULSIONS URBAINES, à l’Espace Van Gogh explore l’identité conflictuelle latino-américaine de 1960 à 2016, à travers 350 photographies.

Dans le cadre de l’année France-Colombie organisée par l’Institut Français, les Rencontres réalisent avec «LA VUELTA » un état des lieux de la violence endémique qui mine la Colombie depuis une soixante d’années. 28 photographes et artistes Colombiens rendent compte des mutations  culturelles, sociales et politiques en Colombie.

EARLY WORKS de Joël MEYEROWITZ réunit des photos en noir et blanc et en couleur,  très vintage, du maître de la photo de rue.

L’église des frères prêcheurs, offre un cadre magnifique aux très grands tirages de MICHAEL WOLF « La vie dans les villes ». Les immenses immeubles de Hong Kong ne montrent aucun être humain, seulement du linge qui sèche à certaines fenêtres, c’est la vision d’un environnement hostile . Ces clichés côtoient ceux des bâtiments de bureaux à Chicago, dont la transparence a intéressé le photographe. A travers les fenêtres éclairées, l’absence de rideaux permet de voir les gens au travail. Des vignettes représentent les portraits pixellisés de ces travailleurs dans des postures qui expriment un certain désespoir. Plus poétique est la série sur les toits de Paris, avec ses nombreuses petites cheminées.

Mathieu PERNOT a été quasiment adopté par la famille Gorgan, des roms installés à Arles, qu’il a photographiés pendant 20 ans.  Cette famille a accordé une très grande confiance au photographe, qui a immortalisé les moments les plus intimes et retracé la vie de chacun. L’exposition présente aussi des photos faites par la famille elle-même, ainsi que des vidéos.

A la maison des peintres, Christophe RIHET expose dans « Road to death » les photos souvent très esthétiques de lieux où des personnalités ont perdu la vie dans des accidents de la route. Un témoignage très particulier, à travers le monde, de la France aux USA.

Au Parc des Ateliers, tout prêt du LUMA, de nombreuses exposition sont réunies, dont celle très émouvante sur les habitants des villages proches de Fukushima, revenus poser dans leur maison ou leur lieu de travail, ou la vie ne pourra plus reprendre normalement. Des sites marqués par l’abandon précipité en 2011, où la végétation et les animaux reprennent l’espace.

Et nous avons terminé par l’exposition de Annie LEIBOVITZ qui couvre la période de 1967 à 1984.

La photographe américaine (née en 1949) s’est faite connaître dans le monde entier pour sa proximité avec les stars qu’elle met en scène comme s’ils étaient ses jouets. Ce sont ses photos de jeunesse, ses premiers reportages pour le magazine « Rolling Stone » notamment. Les murs sont couverts de miliers de clichés en noir et blanc, parfois un peu défraîchis ou carrément punaisés par paquets.

Cette présentation peut désarçonner parce que le foisonnement et la hauteur des murs ne permettent pas de s’atarder longtemps devant chaque photo, mais rapidement, on mesure la richesse de cette époque :  la fin de la beat generation, du mouvement cool, de la contre-culture peace and love, avec l’apparition  des Mick Jagger, Bob Dylan, Joan Baez ou Patti Smith. Au début des années 1980, ils deviennent des idoles, des représentants d’une société de consommation avide de spectacles qu’il faut mettre en scène dans les pages des magazines. Annie Leibovitz raconte ce basculement d’époque en images, pratiquement sans légende : une performance remarquable.  

Sylvester Stallone dans la posture du « Penseur » de Rodin, John Lennon nu recroquevillé en foetus contre Yoko Ono, Whoopi Goldberg dans une baignoire de lait, ou le chanteur Sting couvert de boue… et même les hommes politiques américains comme Richard Nixon que la photographe a pu approcher au moment du Watergate et de la démission du Président. Un mur entier retrace ces 17 ans au travers des principaux évènements, ce qui donne un peu le vertige.

Une seule journée ne permet pas de voir toutes les expositions, mais chacun a pu apprécier, une fois de plus, une programmation intéressante grâce à sa très grande variété.

Avis aux amateurs qui seraient tentés de faire un petit tour à Arles, certaines expositions ne sont pas visibles jusqu’au 24 septembre.

Rédactrice:

Sylvie Navarro

 

Pot de fin d’année sous la protection de St Sara

Pot de fin d’année sous la protection de Ste Sara

Sous l’égide du Président, de son Politburo et des toutes les bonnes volontés,
En cette fin d’année, chacun avait apporté de quoi partager le pot de l’amitié,
 Los Ninos de la Noche ont enflammé de leur musique cette belle soirée jusqu’à invoquer Sainte Sara pour nous protéger

 

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