Visa pour l’image – Perpignan 2016

Visa pour l’image, Perpignan le centre du monde du photojournalisme

« Ils partirent à 6 mais par un prompt renfort, ils se virent  9 en arrivant » … au couvent des Minimes.

Après avoir été consciencieusement fouillés, risques d’attentats obligent, ce fut le départ d’un marathon de quelques heures qui nous a permis de visiter la quinzaine d’exposition regroupées au couvent sur deux étages et quelques autres disséminées dans la ville. Cette visite, une sorte de tour du monde photographique de la souffrance, n’est pas vraiment destinée aux cœurs faibles. Le maître- mot et fil conducteur semble être ici : « horreurs».

Que ce soient les grecs Yannis Behrakis et Aris Messinis qui nous montrent, par des images étonnamment colorées pour le premier et bien plus sombre pour le second, l’exode funeste des migrants du moyen orient aspirant à rejoindre nos terres de cocagne, que ce soit Dominique Nahr qui nous fait vivre la violence des affrontements au Soudan, que ce soit Andrew Quilty qui expose l’insoutenable vision du champ de ruines et des cadavres de l’Hôpital MSF bombardé en Afghanistan, tous, par la force de leurs images, par le courage qu’il a fallu pour aller les prendre, nous obligent à regarder en face l’état du monde hors de notre ilot de prospérité : la misère, l’ignominie, la maladie, la faim, la guerre, la mort.

Quelques images tentent d’échapper au pessimisme : Youri Kozyrev nous montre un Kurdistan irakien plutôt stable, quasi prospère grâce au pétrole. Marc Riboud (RIP) dépeint un bien pauvre Cuba de 1963 en noir et blanc mais qui apparait presque guilleret dans ce contexte. Et parmi les images des lauréats du « World press », certains clichés osaient même aborder la pure beauté de certaines bestioles de Madagascar…

C’est sur cette note colorée que nous nous en fûmes -enfuîmes ?- déjeuner dans un petit restaurant des typiques ruelles perpignanaises (merci l’association pour les boissons !), avant de continuer notre visite à l’Hôtel Pams pour une plongée dans l’enfer des conséquences sur le fœtus du virus Zika, par le photographe brésilien Felipe Dana.

Pour résumer, cette journée représenta probablement pour beaucoup d’entre nous un jeu de ping-pong entre le plaisir d’être ensemble devant ces photographies d’une qualité remarquable et le profond abattement provoqué par la plupart des sujets abordés.

Mais vraiment, nous retournerons à Perpignan ![Not a valid template]

Contributions:
Texte François_S
Photos Isabelle_M

 

4 réflexions sur « Visa pour l’image – Perpignan 2016 »

  1. Prenez une petite pause pour cette prose de françois, qui grace à son talent nous depeint cet expo de perpignan , avec des mots affutés et polis comme des diamants.
    Merci à tous pour cette belle journée, nous voyons que nous avons tous besoin d’amour dans ce monde de brutes
    Patrick

  2. Grâce à ce tres bel exposé , j’ai pu participer à l’expo , tres emue par le choix des mots qui expriment le ressenti et l’émotion devant ces photos de journalistes reporters tellement impliqués dans l’horreur de la guerre .
    Bravo François et bravo isabelle .

    M

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